Boitier Rouge
L'automobile autrement

IBAP Democrata : Tucker brésilien
08/07/18 - Le Brésil fait partie de ces nations dont le marché a toujours été suffisamment important (et protégé) pour justifier une industrie automobile sur son sol, sans pour autant arriver à développer une vraie industrie nationale. Willys, DKW, Volkswagen, Alfa Romeo, Fiat, Chrysler, Chevrolet, Ford ont forgé les habitudes automobiles brésilienne, sans qu’aucun constructeur local n’arrive à émerger, sauf à la marge (et encore), au point qu’une marque comme VW et son emblématique Fusca (lire aussi : VW Fusca) finit par être considérée comme « brésilienne ». Pourtant, dans les années 60, une homme d’affaire tenta de changer les choses en lançant l’IBAP Democrata. Voici son histoire ! Revenons au début des années 60. Nelson Fernandes était un homme d’affaire à qui tout semblait réussir: il avait créé à Sao Paulo, grâce à des levées de fonds auprès de riches brésiliens, un country Club, le Club Acre, ainsi que l’hopital Presidente. Mais l’ambition du business-man ne s’arrête pas là. L’un de ses meilleurs amis, Luis Carlos Fagundes, travaillait alors chez Willys, et s’occupait notamment de l’Interlagos (lire aussi : Willys Interlagos). Ensemble, en cette année 1962, ils vont rêver d’un constructeur purement brésilien, capable de proposer au marché une petite populaire (300 à 500 cm3), un ...

Peugeot 508 : France is back
06/07/18 - Jusqu’à présent, le Lion, même offensif, se contentait de sortir ses griffes. Aujourd’hui avec la 508 le Lion montre ses dents, prêt à se battre sur tous les terrains, y compris celui de la berline. Et intelligemment, Peugeot vient gonfler ses muscles en prenant une position assez radicale avec la 508, dans la lignée de ses choix osés sur les SUV (3008 et 5008) : design osé, positionnement décalé, la nouvelle grande berline française séduit d’un côté, et impressionne de l’autre. La concurrence est prévenue : malgré une certaine modestie, la Peugeot 508 compte bien tailler des croupières à certaines allemandes, et devenir l’une des références du marché. Il suffit de regarder la 508 pour s’en convaincre : oubliez l’ancienne (lire aussi : Peugeot 508 I) et surtout, oubliez définitivement les VTC ! Si ce « créneau » avait permis à la précédente de maintenir ses ventes à un niveau décent, il semble évident que la nouvelle ne s’inquiète absolument pas de ce marché, et c’est la preuve d’une confiance retrouvée. Elle n’est absolument pas taillée pour le transport de personne (notamment à cause de sa ligne de faux coupé), n’a pas la prétention d’une limousine (elle est plus courte de 8 cm par rapport à la ...

Smarlinette : interview de son créateur, Philippe Chalot
06/07/18 - Devant le succès de la présentation de la Smarlinette, il nous semblait intéressant de poser quelques questions à Philippe Chalot, à l’origine du projet avec sa société Quelet Composites & Solutions. Malgré un emploi du temps serré et le départ de la Smarlinette pour Le Mans Classic (n’hésitez pas à aller admirer la belle), Philippe a bien voulu répondre à quelques questions.  Comment vous est venue l’idée de travailler sur une « réplique » d’Alpine A110 ? Je possède un speedster 356 en fibre de verre, voiture qui me passionne aussi mais hors budget en tôle pour moi… une berlinette comme une 356 sont pour beaucoup inaccessibles. Or, les Composites étant mon savoir-faire, j?ai voulu réaliser un deuxième rêve accessible au plus grand nombre tout en respectant une certaine philosophie « Alpine » Pourquoi avoir choisi la Smart Roadster comme base de travail ? Pour son côté « français » bien sûr bien sûr (ndlr : la Smart Roadster était fabriquée en France, en Moselle) et ses dimensions, son architecture (moteur central arrière), sa légèreté et sa conception bien pensée : l’esprit petit gabarit en propulsion est là. En outre, la Smart Roadster est relativement accessible en occasion, et facile à entretenir en concession Smart. Quelles ...

4Stroke Rumen : délire d?inventeur
04/07/18 - Voilà une voiture qui hante les pages des « Spécial Salon » de l’Auto Journal et de « Toutes les Voitures du Monde » de l’Automobile Magazine : une voiture bizarre, qui prête à sourire, au look pseudo-rétro évoquant selon son auteur, une Bugatti, rien que cela, mais de très loin alors. Une voiture qui interroge jusqu’à son nom, 4Stroke Rumen. Il fallait en avoir le c?ur net. Il faut dire que la première apparition de cette étonnante Rumen date du salon de Francfort, en 2002. Il s’agissait déjà d’une improbable évocation d’une Type 57 selon son auteur, Roumen Antonov, un bulgare exilé en France depuis 1988 (entre autres pays, on le verra). A l’époque, la base était celle d’une Smart, avec des trains roulants avant de Citroën 2CV, mais l’étrange design était déjà là, avec ce capot avant doté d’une calandre et d’ouïes d’aération alors que le moteur est à l’arrière. Peu importe. A voir la 4Stroke (prononcez Four Stroke) Rumen (pas besoin de chercher bien loin l’origine de ce nom qui n’est que le prénom du « créateur »), on imagine un professeur Tournesol bossant dans son garage, à la manière de quelques doux dingues des années 90 en France, comme Jiménez (lire aussi : Jimenez Novia) ...

Ford Comète et Monte Carlo : coupés météoriques fabriqués chez Facel
03/07/18 - Ford sans ovale, V8 sans puissance, design italien signé Farina, produite par Facel, et terminant sa carrière météorique sous le logo Simca : voilà une histoire tumultueuse pour une voiture qui ne sera produite qu’entre 1951 et début 1955, j’ai nommé la Ford Comète. Vue la durée de sa commercialisation (à peine plus de 4 années), on peut dire que cet élégant coupé portait bien son nom. Mais malgré son insuccès et sa carrière éclair, la Ford Comète n’est pas une voiture inintéressante car elle porte en elle les affres de l’automobile française des années 50 et les prémices de la marque de luxe Facel-Véga. Pénalisée par son coût prohibitif et sa sous-motorisation, elle n’arrivera pas à émerger sur un marché français encore balbutiant. Consolation : la petite Simca 8 Sport, produite sur les même chaînes chez Facel, connaîtra sensiblement le même sort malgré une production légèrement supérieure. Les héritières Océane et Plein Ciel, elles aussi fabriquées chez Facel, seront encore plus confidentielles (lire aussi : Simca Océane et Plein Ciel). Mais revenons à notre Comète. En 1948, Ford SAF, filiale française du géant américain, lançait la Ford Vedette, berline haut de gamme équipée d’un V8 maison. Lancée trop tôt sans doute, et ...

Smarlinette : fruit des amours d?une A110 Berlinette et d?une Smart Roadster
01/07/18 - 3 cylindres, 698 cm3, 82 chevaux, 815 kg. Ce ne sont pas tout à fait les mêmes caractéristiques que l’Alpine A110 d’origine, mais il faut l’avouer, la Smarlinette, contraction de Smart et de berlinette rappelle furieusement les premières A110, les 956 (55 ch SAE), 1100 (66 ch et 95 ch SAE) s’avérant moins puissantes mais moins lourdes, tandis qu’il faudra attendre les 1300 pour obtenir plus de 100 bourrins SAE. La Smarlinette s’avère donc tout à fait dans la lignée de la berlinette, tandis que l’Alpine A110 « 2017 » n’en est qu’une évocation moderne (lire aussi : Alpine A110). La Smarlinette ? Kesako me direz-vous. Pourtant, il s’agit d’une voiture française qui s’affichera sous vos yeux ébahis (ou non, les répliques de ce genre ne trouvant pas toujours grâce aux yeux des puristes) au Mans Classique le week-end prochain : la société qui produit ce kit carrosserie d’excellente facture visuelle, Quelet Composite et Solutions, ayant décidé d’y présenter son modèle en espérant séduire ceux qui n’ont les moyens de s’offrir ni une A110 originelle, ni une A110 d’aujourd’hui. L’idée vient d’un designer, repreneur en 2013 de cette société dédiée au travail des matériaux composites et au prototypage pour les constructeurs automobiles : Philippe Chalot. Celui-ci, ...

Bohse Eurostar : la plage version Lada
01/07/18 - Dans les années 80 ou 90, et même dans des pays capitalistes tels que la Belgique ou l’Allemagne, réaliser des transformations sur la bases de véhicules soviétiques ou tout simplement estampillés de l’Est n’était pas si incongru que cela. Une bonne vieille Lada 2105 ou une Samara représentaient des bonnes bases pour s’exercer à la disqueuse avec un prix de revient assez abordable. Ainsi naquit la Bohse Eurostar, improbable voiture de plage allemande (fédérale) aux dessous communistes ! Ceux qui étaient adultes ou jeunes adolescents dans les années 90 se souviennent bien de la Lada Natacha, une Samara décapsulée par le carrossier belge EBS (lire aussi : Lada Natacha). Il faut dire que ces Lada découvertes étaient vendues par le réseau Poch en France, et qu’on connaissait aussi EBS pour sa Supercabrio, sa rare Renault 25 Cabriolet ou son kit « break » pour R25 là encore. En Allemagne, ce rôle était dévolu à Bohse, spécialiste de la transformation de voitures russes ! En fait, tout commença avec l’Eurostar. Rien à voir avec le train que nous connaissons aujourd’hui : il s’agissait bien d’une voiture. Alors que de l’autre côté du mur, en RDA, on proposait une Trabant Tramp bien sympathique mais datée (lire aussi : ...

Gigliato Aerosa GTS : baby Lambo sauce samuraï
26/06/18 - Entre les années Chrysler et les années Audi, Lamborghini vécut une drôle de période sous la houlette de Megatech, une drôle de boîte aux capitaux indonésiens discutables (le fils du président Suharto en était l’un des principaux actionnaires), par ailleurs propriétaire du fabricant américain de supercars Vector. Vivant sur les déclinaisons d’un seul et unique modèle (la Diablo), la petite entreprise italienne mangeait à tout les râteliers, n’hésitant même pas à vendre son nom et son âme en Amérique du Sud (lire aussi : Lamborghini Coatl). Aussi, lorsqu’un obscur designer, ancien de chez Suzuki, lui propose de s’associer pour produire une voiture de sport rivalisant avec la Ferrari F355, chez Lambo on flairait la bonne affaire, au point de s’engager dans une drôle d’affaire : la production de la Gigliato Aerosa, sportive japonaise au nom italien motorisée par un V8 Ford. Le 25 février 1997, dans un communiqué commun, on apprenait donc que Gigliato Design et Lamborghini Automobili s’associait pour la production d’une toute nouvelle voiture de sport, l’Aerosa. Nobua Nakamura, son créateur, avait mis 7 longues années pour arriver à son rêve : concevoir puis produire sa fameuse Aerosa, dont les premiers dessins et maquette dataient de 1991, et le premier prototype ...

Jimenez Novia : la première supercar à moteur W16
25/06/18 - Durant les années 90 en France, on aurait pu se croire en Angleterre tant les petites marques et les artisans foisonnaient malgré une législation moins laxiste qu’outre-Manche. Il y avait des projets ambitieux, comme Venturi, ou bien Hobbycar (lire aussi : Hobbycar B612 et Passport), mais aussi des projets plus artisanaux, comme Coste, De La Chapelle), Hommell ou De Clercq. Et puis, en 1995, apparaissait un ORNI dans la production française, la Jimenez Novia. Ramon Jimenez était un passionné, sans aucun soutien financier ni industriel, mais il s’était mis en tête de construire « sa » supercar, rapide comme un avion : ne cherchez pas plus loin le nom de la voiture, Novia était l’anagrame d’avion justement, tout en mettant l’accent sur l’aspect novateur du projet. Car bien avant le lancement de la Bugatti Veyron, la Jimenez Novia proposait en position centrale un drôle de moteur appelé W16. Cependant, le W16 de la Novia n’était pas une création ex-nihilo, enfin pas tout à fait. Ancien pilote de moto, Ramon Jimenez, dans son atelier de Monteux (84), avait assemblé quatre moteurs de motos issus de la Yamaha 1100. Ces 4 cylindres à 5 soupapes par cylindres (soit 80 au total), une fois positionnés en W, ...

Mini inspired by Goodwood : une mini Rolls-Royce ?
24/06/18 - Quand l?esprit de groupe BMW contribue à créer la plus désirable Mini entièrement équipée selon les standards Rolls Royce : la Goodwood. Si Goodwood est connu pour ses deux événements de renommée mondiale que sont le Festival of Speed et le Goodwood Revival, c?est aussi là, après la séparation avec Bentley, que BMW a implanté son usine pour produire ses nouvelles Rolls Royce (lire aussi : BMW / VW : la bataille d’Angleterre). C?est à la fin de l?année 2010, que les instances de Mini demande à Alan Sheppard, le designer intérieur de Rolls-Royce, de lui définir une série spéciale qui emprunte au répertoire de la Flying Lady, les codes de la vénérable maison, emblème du luxe et de l’excellence automobile. La base de l?auto est une Mini Cooper S équipée donc du 4 cylindre turbo essence de 1 598 cm3 et développant 184 cv. Au choix du client la belle est équipée soit d?une boite manuelle 6 rapports ou de la boîte de vitesses automatique Steptronic également à 6 rapports. Extérieurement, elle se distingue d?une Cooper S classique par son capot sans prise d?air (on pense d?abord au luxe plutôt qu?au côté sport), par ses jantes spécifiques de 17 pouces et par les ...