Ouest France
19/09/2026
À Moulins, commune associée de Mauléon (Deux-Sèvres), se trouve le Musée des cycles anciens. Des passionnés le font vivre et l’ouvrent lors des Journées européennes du patrimoine.
L’endroit se mérite (des panneaux l’indiqueront avec plus de précision lors des
Journées européennes du patrimoine). Dans ce lieu propice jadis à la culture, on ne fait plus claquer les portes à la Feydeau depuis belle lurette. On ne déclame pas non plus les vers des « classiques » depuis fort longtemps. L’ancienne salle de théâtre, que des habitants de Moulins ont fabriquée au mitan des années 1950, a baissé le rideau trois décennies plus tard. Elle a ensuite servi lorsque des vins d’honneur et des kermesses étaient organisés dans la commune. Un tout autre spectacle est désormais proposé ici. Le Musée des cycles anciens de Moulins, émanation de l’Amicale des cycles anciens de Moulins (ACAM), a en effet investi l’endroit depuis 2003. Un souffle de liberté et de nostalgie charge inévitablement l’atmosphère du lieu quand on y pénètre.
La patine du temps.
On avait plein d’engins dans nos garages. On avait besoin d’un local pour les stocker. Nous avons demandé de l’aide à la commune. Elle nous a répondu qu’on pourrait prendre les locaux de l’ancienne salle paroissiale à condition de créer une association, relate Rémy Graveleau, président de l’Acam. Ce qui fut fait.
L’Acam, association de passionnés, récupère des engins qui sont rongés par la rouille, n’ont pas tourné depuis des lustres ou sont dans un état général médiocre. Des machines de plusieurs types. On retrouve des vélos anciens, des vélos à moteur, des cyclomoteurs, des vélomoteurs ou des motocyclettes. Il y a de grandes différences entre ces différents types. Sur la cylindrée, notamment, expliquent le président Graveleau et deux autres membres du bureau, le trésorier Hervé Brochard et le secrétaire Luc Morineau. On aime bien trouver des machines qui ont une petite histoire, glisse Rémy Graveleau. On les laisse très souvent dans leur patine, même si on est parfois quand même obligé de les repeindre, complète Luc Morineau.
Des dons plutôt que des achats.
Cela fait bien trois ou quatre décennies que le trio – chacun apprécie, quand le temps est propice, de rouler tranquillou à deux-roues dans sa vie de tous les jours – amasse des engins. Avant, on trouvait ça dans les déchetteries. On en récupérait beaucoup. C’est moins le cas aujourd’hui, souligne Hervé Brochard. Le bouche-à-oreille fonctionne encore. Des gens viennent nous voir et nous disent qu’ils ont tel ou tel modèle. Nous, à moins d’une pièce rare, on évite d’acheter. Quand on nous les donne, on prend. Même sur un vélo trop rouillé, on va récupérer quelques pièces. Elles serviront plus tard. Avec deux ou trois vélos, on peut en restaurer un. On leur donne une belle apparence mais ils ne peuvent pas forcément tous rouler, explique le président Graveleau. Qui ajoute : Avec nos activités professionnelles, on a pu en récupérer à Nantes, Angers, Alençon, Mirebeau ou encore Saint-Jean-de-Sauves.