Caradisiac
25/01/2026
Le concept de société de consolation s’est forgé autour du succès ininterrompu de tout ce qui sonne vintage. Courir les brocantes, porter des chemises grand’père, écouter Jimi Hendrix sur un vinyle ou mâcher avec émotion des oursons en guimauve serait un moyen pour la foule sentimentale de compenser les frustrations générées par la société de consommation. Avouons que si l’on considère notre rapport à l’automobile, cette approche fait sens.
L’engouement et l’excitation palpables autour de manifestations telles que
Rétromobile, Le Mans Classic, Epoqu’auto, les bouchons de Lapalisse ou de Joigny mais aussi les multiples bourses aux anciennes sont le signe que la nature automobile a horreur du vide. Ce penchant pour la rétromania n’est autre que le stigmate d’un manque affectif engendré par le manque d’aura de la voiture contemporaine.
Le succès de la
R5 E-Tech et, pour remonter en arrière, des réincarnations de la Mini ou de la
Fiat 500 suggèrent que, même sur le marché du neuf, la nostalgie est un puissant levier commercial. Il en faudrait bien davantage pour dissiper les opinions désabusées - « toutes les voitures se ressemblent », « la production moderne me laisse froid », « un smartphone sur roue, ça ne m’intéresse pas » - que suscitent plus souvent qu’à leur tour la plupart des nouveaux modèles. Par bonheur, la voiture ancienne ranime la flamme de la passion. L’apparition au coin de la rue d’une modeste Peugeot 404 ou d’une humble
Simca 1308 blanchie sous le harnais attire davantage les regards qu’un SUV chinois. Entre eux, savez-vous de quoi parlent le plus les journalistes automobiles ? De vieilles bagnoles, pardi !